MONUMENT PAUL BIYA A SANGMELIMA : ENTRE POLEMIQUE ET OPPORTUNITE DE VALORISATION CULTURELLE
Martin Roger Aba’a, Directeur de l’Observatoire des Textes de Base du Cameroun, Délégué Syndical CGT, Conseiller du Salarié Val d’Oise(95), Défenseur Syndical auprès de toutes les juridiction d’Ile de France, Ancien délégué aux conflits de la section RDPC France-Nord , Membre de cellule France de communication Paul Biya à la présidentiel 2025, envoie un message fort aux Camerounais.
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Chers Camarades,
À l’attention de ceux qui nourrissent des velléités de confrontation : qu’il soit clairement établi qu’avant toute entreprise d’attaque — fut-elle symbolisée par les « Tomahawk » — l’Observatoire des textes de base du Cameroun réaffirme avec gravité et détermination son soutien indéfectible à ce magnifique monument
Chers Camarades,
La construction du monument dédié au président Paul Biya à Sangmélima suscite de vives réactions au sein de l’opinion publique du département du Dja et Lobo. Pour certains, il s’agit d’un projet coûteux et non prioritaire dans un contexte où les besoins en santé, en éducation ou en infrastructures de base restent importants. Pour d’autres, la question centrale est celle de l’utilité réelle d’un tel ouvrage : à quoi sert-il, et à qui profite-t-il ?
Ces interrogations légitimes ou non traduisent une exigence croissante de transparence et d’efficacité dans la gestion des ressources publiques. Toutefois, il est également essentiel d’adopter une lecture plus large et plus stratégique de ce type d’initiative.
Il faut beaucoup de pédagogie, beaucoup de campagne, beaucoup de sensibilisation in finé beaucoup de communication. Les monuments ne sont pas de simples constructions en béton ou en pierre. Ils incarnent une mémoire collective, racontent une histoire, et participent à la construction d’une identité nationale. Dans de nombreuses cultures à travers le monde, les grandes figures politiques ou historiques sont célébrées à travers des œuvres monumentales qui deviennent, avec le temps, des repères culturels et touristiques.
Au Cameroun, cette culture du monument reste encore en développement. Pourtant, le pays regorge d’une richesse historique et humaine qui mérite d’être valorisée, Foulassi près de Sangmelima, Elat près à ebolowa…etc. Investir dans des monuments, c’est aussi investir dans la transmission de l’histoire aux générations futures.
Prenons l’exemple mondialement bien connu de la Tour Eiffel en France. Lors de sa construction à la fin du XIXe siècle, elle a été vivement critiquée. De nombreux intellectuels et artistes la considéraient comme une verrue architecturale, inutile et coûteuse. Certains la qualifiaient même de “monstre de fer”.
Pourtant, avec le temps, cette structure est devenue le symbole emblématique de la France. Aujourd’hui, elle attire des millions de visiteurs chaque année, génère d’importantes recettes touristiques, et contribue à l’image internationale du pays. Elle a également créé des milliers d’emplois directs et indirects dans les secteurs du tourisme, de la restauration, du transport et de la culture.
Et si Sangmélima devenait un pôle touristique ?
Pourquoi ne pas envisager une trajectoire similaire pour Sangmélima ?
Le monument Paul Biya pourrait, à long terme, devenir un site d’attraction touristique, à condition qu’il soit intégré dans une vision globale de développement local.
Autour de ce monument, il est possible de développer :
des espaces culturels (musées, galeries, centres d’interprétation),
des activités économiques (artisanat, restauration, hôtellerie),
des événements culturels (festivals, visites guidées, commémorations).
Ce type d’écosystème peut générer des revenus pour la commune, créer des emplois pour les jeunes, et dynamiser l’économie locale.
La clé de changement de regard , de la dépense à l’investissement réside dans la manière dont ce projet est conçu et exploité.
S’il est perçu comme une simple dépense isolée, il alimentera naturellement les critiques.
Mais s’il s’inscrit dans une stratégie cohérente de valorisation culturelle et touristique, il peut devenir un véritable levier de développement.
Il est également important d’accompagner ce type d’initiative d’une communication pédagogique, expliquant les objectifs, les retombées attendues et les bénéfices à long terme pour la population.( aller de village en village, de ville en ville, faire la pub à la radio, dans journaux dans les église dans les rue, partager les gadgets ).
Pour conclure, je dirai que le débat autour du monument Paul Biya à Sangmélima ne doit pas être réduit à une opposition entre “priorités sociales” et “projets symboliques”. Les deux peuvent coexister, à condition d’une gestion équilibrée et visionnaire.
L’histoire nous enseigne que certains projets, autrefois critiqués, deviennent avec le temps des sources de fierté nationale et de prospérité économique.
Le véritable enjeu est donc de transformer cette polémique en opportunité : celle de repenser la place de la culture, de l’histoire et du tourisme dans le développement de Sangmelima.

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