HEVECAM-NIÉTÉ : Rien ne va plus entre l’entreprise et les populations riveraines
Les populations riveraines ont saisi le Président de la République pour dénoncer plusieurs irrégularités présumées dans le contrat qui les lie à l’entreprise. Dans une lettre datée du 07 septembre 2026, l’Honorable KOUNGOU Thierry Donald, député suppléant dans l’Océan et Vice-Président de la Section RDPC Océan Sud-Ouest, revient sur l’historique de l’entreprise et alerte sur la situation actuelle. Il évoque notamment une hémorragie financière estimée à 70 milliards de FCFA, qu’il attribue à des détournements internes, ainsi que le martyre et la détresse des populations riveraines, qui auraient presque tout perdu.
Voici l’intégralité de cette lettre :
Honorable KOUNGOU Thierry Donald
Député Suppléant dans Océan
Vice-Président de la Section RDPC Océan Sud-Ouest
Pour les Populations Riveraines de
L’Arrondissement de Nye'ete dans le
Département de l'Océan
À
Son Excellence Monsieur le Président de la
République du Cameroun
Palais de l'Unité - Yaoundé
Objet : Très humble plaidoyer pour
le sauvetage de la société HEVECAM S.A
et la survie des populations riveraines - Révélations
sur les 70 milliards de pertes déclarées
par HEVECAM au MINAT.
Excellence Monsieur le Président de la République,
Permettez à un fils du Sud, riverain d'HEVECAM, de vous saisir en toute
déférence de la situation désespérée de notre entreprise et de nos villages qui
disparaissent.
Le rapport présenté récemment au MINAT par la Direction Générale actuelle,
lors de sa dernière visite de travail le 21 Août 2026 avec la société Hevecam et les
Riverains, imputant plus de 70 milliards FCFA de pertes au vol par les riverains et à
une logistique vieillissante, est une contrevérité destinée à camoufler une mal
gouvernance interne profonde.
La vérité, Excellence, nous l'avons recueillie auprès des témoins internes de la
Société.
I. LA VÉRITÉ HISTORIQUE QUE LA DIRECTION CACHE
En 2016, quand M. HOCE PIED ancien Directeur Général arrive, HEVECAM
est déjà en perte. Il redresse la production, remet de l'ordre et rétablit la paix
avec les riverains.
Il avait trouvé la solution contre le vol : achat de nouvelles citernes pour le
latex liquide et coloration des fonds de tasses. Le vol avait considérablement chuté.
Il est le seul DG en 40 ans à avoir eu le courage de commencer le replanting.
Une plantation de 40 ans doit replanter 2,5% minimum par an avec de nouveaux
clones. Sans les jeunes hévéas plantés par cet ancien DG, entre 2016-2019,
HEVECAM serait en faillite aujourd'hui. C'est aussi lui qui a renouvelé la
logistique qui roule encore jusqu’à présent.
Il avait proposé la diversification par le palmier à huile. Projet repris par M.
BENOIT SNOCK, ancien DG, l'un de ses successeurs, dont l'accord de financement
syndiqué à hauteur de 44 Milliards avait reçu votre Très Haute approbation. À ce
jour, rien n'a été planté, mais HEVECAM rembourse cet argent dont la destination
reste inconnue.
L'erreur originelle date de 2011 : prix du caoutchouc au plus haut, argent
perdu au Congo où la société HEVECAM avait trouvé mieux d'aller investir plutôt
que de renouveler ses vieilles plantations.
Parce qu'il avait licencié des cadres malhonnêtes, M. HOCE PIED a été évincé
en 2019. Depuis, plus d'objectif ; et dans une Société, lorsqu'il n'y a plus d'objectif
clair, c'est chacun qui cherche son intérêt. Voilà ce qui justifie les détournements
et la mal gouvernance dans la Société HEVECAM aujourd’hui. Chaque Dirigeant qui
vient maintenant, c'est pour ses propres intérêts et non ceux de la Société.
II. L'HÉMORRAGIE ACTUELLE : 70 MILLIARDS VOLÉS DE
L'INTÉRIEUR
Les pertes ne viennent pas des riverains, mais de l'intérieur :
- Détournements de carburant, pièces mécaniques, engins lourds entiers,
matériel de plantation (engrais, tasses, plants, pâte de stimulation) ;
- Surfacturations systématiques au Service des Achats ;
- Détournement des rations de l'économat des travailleurs ;
- Explosion de la masse salariale par des primes de complaisance de plus de
300 000 FCFA pour moins d'un kilomètre et des primes de sursalaires
supérieurs au salaire de base ;
- Recrutement par affinité : les compétents rétrogradés, les incompétents
promus chefs, avec licenciements abusifs perdus à 100% aux tribunaux avec de
lourds dommages-intérêts. Ce sont ces promus qui organisent harcèlement et
vols internes.
III. LE MARTYRE ET LA DÉTRESSE ÉCONOMIQUE
ACTUELLE DES RIVERAINS
Depuis 50 ans les riverains ont tout perdu : terres accaparées sans recasement
ni titre, cours d'eau pollués, accidents mortels des camions de latex.
Résultats : taux élevés des décès dans tous les villages riverains,
augmentation de l’exode rural, excès de pauvreté …
Les riverains vivent une détresse insupportable que la Direction a cachée au
MINAT :
1. HEVECAM REFUSE D’ACHETER L’HEVEA DES PETITS-
PLANTEURS: Les petits planteurs riverains, ont des difficultés pour livrer leur
production à HEVECAM. Maintes fois les petits planteurs ont été refoulés avec leur
production. Le sous-préfet avait été obligé d'organiser une réunion avec HEVECAM
et les riverains dans la salle de conférence du DG. Il a été convenu, d'accord parties,
que chaque planteur était libre de vendre sa production où il veut. Procès-verbal à
l'appui.
2. HEVECAM EMPÊCHE LES PETITS-PLANTEURS DE VENDRE
AILLEURS : lorsque les petits-planteurs veulent vendre leurre propre production
issue de leurres propres plantations sans accompagnement de HEVECAM, pour
survivre, leurs camions sont interceptés et saisis abusivement et présentés au MINAT
comme du « caoutchouc volé », alors qu’ils ont des autorisations administratives en
règle.
Excellence, permettez-nous de vous raconter un drame qui résume à lui seul
notre martyre.
Parmi les cannions de caoutchouc des petits planteurs saisis abusivement par
HEVECAM et présentés comme du caoutchouc volé, se trouvait la production de
l'une de nos mamans du village d'Angalé.
Cette dame était gravement malade. Elle avait livré sa petite production
d’hévéa et attendait désespérément son argent pour aller se faire soigner à l'hôpital.
HEVECAM a fait saisir le camion qui portait sa production. Depuis plusieurs
mois, ce camion est toujours arrêté à la Compagnie de Gendarmerie de Kribi, sur
ordre d'HEVECAM.
Faute de moyens pour se soigner, cette maman est finalement décédée la
semaine dernière, le 02 Septembre 2026.
Cette mort, Excellence, n'est pas une mort naturelle. C'est la conséquence
directe de la saisie abusive de ce camion de caoutchouc et des mauvais traitements
que la société HEVECAM inflige aux riverains.
Combien de personnes devront encore mourir avant que l'État
n'intervienne?
3. HEVECAM REFUSE D’EMPLOYER LES RIVERAINS : Malgré la
clause « à compétence égale, le riverain est privilégié », les riverains sont
considérés comme éternels incompétents. Aucun projet de développement pour les
riverains.
Comment vivre, Excellence ? On nous prend nos terres, on ne nous paye pas,
on nous empêche de vendre notre production ailleurs, et on nous traite de voleurs.
C’est ainsi que se résume la vie des riverains dont la principale activité est la culture
de l’hévéa.
IV. NOS TRÈS HUMBLES DOLÉANCES
1. Ordonner un audit de gestion indépendant d'HEVECAM S.A (État actionnaire
à 10%) et commettre comme consultant technique M. ERIC HOCE PIED,
Ancien DG, qui connaît très bien la société, pour une sorte d'audit et proposer un
plan de sauvetage ;
2. Ordonner la réintégration de M. YOBO MARCEL, Directeur du
Développement durable, récemment licencié abusivement pour avoir bien fait son
travail ;
3. Ordonner la libération immédiate des camions saisis abusivement pour
permettre aux petits planteurs d'entrer en possession de leur dû et de régler la rentrée
scolaire ;
4. Mettre fin aux humiliations répétées des dirigeants d'HEVECAM envers
l'Autorité Administrative, les Maires, les Parlementaires, les Chefs Traditionnels
et les Élites, que le top management traite avec mépris sous prétexte qu'il a des
bras longs, ce qui le pousse à nous intimider ;
5. Convoquer une Table Ronde Tripartite sous l'autorité de l'Administration,
HEVECAM, Élus locaux, Chefs Traditionnels et Représentants des Riverains.
Dans l'attente de votre haute intervention salvatrice, nous vous prions d'agréer,
Excellence Monsieur le Président de la République, l'expression de notre très haute et
déférente considération.
Pièces jointes :
- Autorisation de circuler du Sous-Préfet
- Requête au Préfet de Kribi
- Constat de l’huissier de justice
- Requête aux fins d’intervention au Procureur de Kribi
- Requête aux fins d’intervention au Procureur Général d’Ebolowa
- Procès-Verbal d’ouverture aux autres acheteurs de caoutchouc
- Procès-Verbal de réunion de crise.
Fait à Niete, le 07 Septembre 2026
Le DÉPUTÉ SUPPLÉANT




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